Monkeypox ou variole du singe

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Qu’est-ce que le Monkeypox ou variole du singe ?

La variole du singe ou variole simienne est une maladie infectieuse virale rare due au virus Monkeypox (MPXV) isolé pour la première fois en 1958 à partir de singes élevés pour la recherche et qui présentaient des symptômes similaires à ceux de la variole [1].

Il s’agit d’une zoonose, c’est-à-dire une maladie infectieuse émergente passée de l’animal à l’homme, causée par un orthopoxvirus. Le virus est transmis par des animaux infectés. Le principal réservoir est constitué par de petits rongeurs sur le continent africain. L’homme se contamine habituellement au contact de ces rongeurs ou de singes infectés et le virus peut ensuite se propager d’une personne à une autre [2-4].

La présentation clinique est semblable à celle observée autrefois chez les patients atteints de variole, mais moins grave. De manière générale le taux de létalité spontanée des épidémies, en l’absence de traitement antiviral spécifique, est de 1 à 10%, la plupart dans les groupes d’âge les plus jeunes, mais avec des soins appropriés la plupart des patients se rétablissent [2].

Présente sporadiquement en Afrique centrale et occidentale près des forêts tropicales humides elle est récemment arrivée en Europe [5]. Des cas sont signalés dans plusieurs pays dont la France, dans des régions non endémiques pour le MPXV et éloignées les unes des autres avec la particularité d’une transmission interhumaine et autochtone, sans lien apparent avec un pays où l’infection est endémique [6].

Après l'éradication du virus de la variole, responsable de la variole chez l'homme, les espèces d'orthopoxvirus les plus virulentes pour l'homme sont le virus de la variole du singe et le virus de la variole de la vache [7]. C’est une maladie à déclaration obligatoire.

Références:

[1]. Santé publique France. Monkeypox. MAJ 03/11/2022.

[2]. OMS. Variole du singe : Épidémiologie, préparation et réponse aux contextes d’épidémies en Afrique. OpenWho.

[3]. Di Giulio DB, Eckburg PB. Human monkeypox: an emerging zoonosis. Lancet Infect Dis. 2004 Jan;4(1):15-25. doi: 10.1016/s1473-3099(03)00856-9. Erratum in: Lancet Infect Dis. 2004 Apr;4(4):251. PMID: 14720564; PMCID: PMC9628772.

[4]. HCSP. Conduite à tenir autour d’un cas suspect, probable ou confirmé d’infection à Monkeypox virus. 25/05/2022.

[5]. Santé publique France. What is monkeypox ? Septembre 2022.

[6]. ANSM. Monkeypox. 20/06/2022. MAJ 11/10/2022.

[7]. Orphanet. Infection humaine à l’orthopoxvirus.

Qualité de la preuve : Grade 3

Mots clés : orthopoxvirose simienne [monkeypox]

Comment se manifeste la maladie ?

Le tableau clinique de la variole du singe ressemble à celui de variole mais elle est moins contagieuse et entraine une maladie plus bénigne [1].

La durée d’incubation (intervalle s’écoulant entre l’infection et l’apparition des symptômes) varie en général de 6 à 13 jours, mais peut aller de 5 à 21 jours [1-3].

La maladie débute par des symptômes non spécifiques : fièvre, frissons, céphalées, asthénie, lombalgies, myalgies, adénopathies.

Entre 1 et 5 jours après le début de la fièvre apparaissent des éruptions en divers points. Elles se concentrent en général davantage sur le visage (95% des cas), les extrémités (paumes des mains et plantes des pieds dans 75 % des cas), le tronc, les organes génitaux (30 %) ; les conjonctives (20 %), ainsi que la cornée sont également touchés. Une irritation pharyngée est également possible [1,2].

L’éruption passe par plusieurs stades : d’abord des macules, puis des papules et des vésicules remplies de liquide clair et des pustules remplies de liquide jaunâtre, évoluant vers des croûtes qui tombent au moment de la cicatrisation.

Plusieurs stades peuvent exister simultanément entourés de zones érythémateuses ou dépigmentées. Dans les cas graves, les lésions peuvent fusionner jusqu’à ce que de grands lambeaux de peau se détachent.

Il convient de différencier la variole du singe des autres maladies éruptives : la varicelle, la rougeole, les infections bactériennes cutanées, la gale, la syphilis et les allergies médicamenteuses [1].

Les lymphadénopathies sous la mâchoire, au niveau du cou et au pli de l’aine, observées jusque chez 90% des patients semblent être une des caractéristiques permettant de différencier la variole du singe de la variole humaine [2].

Références:

[1]. OMS. Variole du singe: orthopoxvirose simienne. 19 mai 2022.

[2]. Petersen E, Kantele A, Koopmans M, Asogun D, Yinka-Ogunleye A, Ihekweazu C, Zumla A. Human Monkeypox: Epidemiologic and Clinical Characteristics, Diagnosis, and Prevention. Infect Dis Clin North Am. 2019 Dec;33(4):1027-1043. doi: 10.1016/j.idc.2019.03.001. Epub 2019 Apr 11. PMID: 30981594; PMCID: PMC9533922.

[3]. Ministère de la santé et de la prévention. Ministère des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées. Monkeypox : le point sur le virus.

Qualité de la preuve : Grade 3

Mots clés : orthopoxvirose simienne ; signes et symptomes [monkeypox ; signs and symptoms].