Différences entre les versions de « Cadmium »
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L’ANSES a développé une évaluation fondée sur l’exposome prenant en compte l’ensemble des sources auxquelles est exposé l’individu et de ses trajectoires de vie : alimentation, eau, poussières, cosmétiques, tabac, modes d’exposition (ingestion, inhalation…). | L’ANSES a développé une évaluation fondée sur l’exposome prenant en compte l’ensemble des sources auxquelles est exposé l’individu et de ses trajectoires de vie : alimentation, eau, poussières, cosmétiques, tabac, modes d’exposition (ingestion, inhalation…). | ||
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Sont concernées par un dépistage d’une surexposition les personnes résidant sur un site dont le sol dans les 30 à 50 premiers centimètres contient [2]: | Sont concernées par un dépistage d’une surexposition les personnes résidant sur un site dont le sol dans les 30 à 50 premiers centimètres contient [2]: | ||
Version du 17 août 2026 à 15:39
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Qu’est-ce que le cadmium ?
Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l’environnement [1,2].
Le cadmium est un des éléments chimiques présents naturellement dans la roche à partir de laquelle le sol s’est formé, la roche-mère. Il est naturellement présent dans les roches à partir desquelles se forment les sols où on le retrouve avec à des teneurs de l’ordre de 0,1 à 1 mg/kg [2]. Lorsque cette roche se dégrade en formant le sol, celui-ci hérite d’une partie du cadmium, qui peut être plus concentré dans le sol que dans la roche initiale [2].
Certains sols en contiennent plus que d’autres, notamment sur des roches calcaires, par exemple en Champagne, Charente ou dans le Jura [2].
Ses propriétés chimiques sont proches de celles du zinc. Il est mou, brillant et blanc. Son symbole chimique est "Cd". On l’utilise notamment pour la fabrication de batteries, de pigments, d’alliages, de revêtements de pièces métalliques ou encore comme stabilisateur pour certaines matières plastiques [2].
Certaines activités humaines peuvent augmenter sa concentration, comme l’agriculture par l’usage d’engrais naturels ou industriels contaminés et de produits phytosanitaires et les industries de métallurgie. Elles constituent également une source d’émission dans l’eau et l’air [1].
L’élimination du cadmium du sol se fait naturellement par filtration de l’eau (lixiviation ou percolation lente) à travers le sol permettant la dissolution des matières solides qui y sont contenues et extraction des récoltes contaminées.
Cet appauvrissement est très lent et il faut compter plusieurs décennies pour quelques pourcentages de baisse [2].
Références :
[2]. Pourquoi y a-t-il du cadmium dans les sols et comment le retrouve-t-on dans l’alimentation ? | INRAE.
Mots clés : cadmium [cadmium].
Qualité de la preuve : grade 1.
Comment est-on exposé ?
Les principales sources d’exposition de la population générale au cadmium sont alimentaires et environnementales.
Origine alimentaire.
Les aliments dont les teneurs en cadmium sont les plus élevées sont les abats (foie, rognons), les coquillages, les céphalopodes et à un moindre degré, le chocolat, surtout les céréales (en particulier, le riz et le blé) et leurs produits dérivés (pains, pâtes, biscuits, etc.), les pommes de terre et les autres légumes [1,2].
Le tabagisme est une source notable d’exposition au cadmium, pour les fumeurs eux-mêmes et pour ceux qui sont soumis à un tabagisme passif. Cependant, en l’absence de sources d’exposition spécifiques (par exemple, du fait de la pollution des sols), les apports alimentaires de cadmium sont 500 à 1 000 fois plus élevés que les expositions respiratoires chez les non-fumeurs et environ 10 fois plus élevés que celles des fumeurs consommant 20 cigarettes par jour [2].
Origine environnementale
Le cadmium est naturellement présent dans les sols à l’état de traces, à des teneurs de l’ordre de 0,1 à 1mg /kg. Certains sols en contiennent plus que d’autres, notamment sur des roches calcaires, par exemple en Champagne, Charente ou dans le Jura [1].
Les principales sources de contamination de l’environnement par le cadmium sont ou ont été les métallurgies du cadmium et du zinc, et à un moindre degré, celles du plomb et du cuivre, ainsi que l’emploi d’engrais phosphatés pour l’amendement des terres agricoles et la production de batteries cadmium-nickel [2].
Dans le passé, le cadmium a aussi été largement employé pour le traitement anticorrosion de matériels métalliques, la production de matériaux de soudure (brasage) à basse température, comme pigment de peintures, émaux, verres…, comme stabilisant de matières plastiques. Toutes ces applications sont en rapide diminution depuis plusieurs décennies, mais la diffusion des matériels et matériaux concernés a été très large.
Les populations résidant sur ou à proximité immédiate des sols dont la concentration de cadmium est élevée peuvent se contaminer, du fait de l’inhalation et/ou de l’ingestion de poussière et/ou de terre (par manuportage à la bouche/inhalation des poussières, consommation d’aliments produits sur le site, utilisation d’eau superficielle ou souterraine locale pour la boisson ou la préparation des aliments).
Le risque de contamination des individus (et celui d’effets sanitaires indésirables résultants) dépend du comportement et des habitudes alimentaires des individus, mais aussi de la bioaccessibilité (fraction du cadmium solubilisable dans les fluides digestifs) et de la biodisponibilité (fraction absorbable dans le tube digestif) des formes du cadmium présentes dans les sols [1].
Références :
[1]. Pourquoi y a-t-il du cadmium dans les sols et comment le retrouve-t-on dans l’alimentation ? | INRAE.
Mots clés : cadmium ; aliments ; environnement [cadmium ; food ; environment].
Qualité de la preuve : grade 1.
Quels sont les risques pour la santé ?
Les dérivés du cadmium présents dans les sols sont inorganiques et ont une toxicité élevée. Ingéré, il met environ 20 ans avant d’être éliminé par le corps [1].
Il s’accumule principalement dans les reins et le foie et est classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction [1, 2].
Il est reconnu comme cancérogène certain pour le poumon en milieu professionnel [2], après exposition à des fumées ou des poussières de dérivés du cadmium. Il est aussi suspecté d’induire d’autres cancers (pancréas, vessie, prostate et sein).
En cas d’exposition prolongée, même à faible dose par voie orale, principalement par l’alimentation, le cadmium peut être à l’origine de symptômes non spécifiques [2-5]:
- Rénaux : L’exposition chronique au cadmium entraîne l’apparition d’une néphropathie irréversible pouvant évoluer vers une insuffisance rénale. Une dégénérescence des cellules tubulaires rénales se manifeste précocement, elle est suivie par une réaction inflammatoire interstitielle puis une fibrose [2] ;
- Osseux : déminéralisation osseuse et augmentation du risque de fracture ;
- Sur la reproduction : altérations de la qualité du sperme et des concentrations circulantes de testostérone et d’hormones hypophysaires. Expérimentalement, chez les petits rongeurs, il a été observé une diminution des fertilités des mâles et à plus fortes doses, des femelles ;
- Des effets fœto-toxiques et tératogènes ;
- Des effets génotoxiques :effets clastogènes (qui cassent l’ADN et les chromosomes) in vitro et in vivo. Il ne s’agit pas d’une interaction directe du cadmium avec le matériel génétique, mais plutôt de l’induction d’un stress oxydant, associé à une inhibition de la réparation de l’ADN, à une dérégulation de la prolifération tissulaire et à une altération des fonctions de suppression des tumeurs ; ils ne surviennent qu’au-delà d’un certain seuil d’exposition ;
- Les preuves d’une association causale entre l’exposition au cadmium et d’un excès de risque de tumeurs autres que les cancers broncho-pulmonaires (prostate, sein, rein …) sont insuffisantes.
Diverses études rapportent un excès de risque de diverses affections cardio-vasculaires (maladie coronarienne, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral, athéromatose artérielle, artérite des membres inférieurs, anévrysme aortique…) et de diabète, associés à l’exposition au cadmium mais les preuves sont insuffisantes pour affirmer une relation causale.
Références :
Mots clés : cadmium ; intoxication ; signes et symptômes [cadmium ; poisoning ; signs and symptoms].
Qualité de la preuve : grade 3.
Faut-il prévoir un dépistage systématique ?
Indépendamment d’une exposition professionnelle ou d’une intoxication aigue l’intérêt d’un dépistage dépend à la fois du profil des personnes, de leurs comportements notamment alimentaires, et de la nature des sols de leurs lieux de résidence [1, 2].
L’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’exposition chez les non-fumeurs notamment certains produits céréaliers et les pommes de terre. Le tabac constitue une source supplémentaire d’imprégnation [3].
L’ANSES a développé une évaluation fondée sur l’exposome prenant en compte l’ensemble des sources auxquelles est exposé l’individu et de ses trajectoires de vie : alimentation, eau, poussières, cosmétiques, tabac, modes d’exposition (ingestion, inhalation…).
Fichier:Recherche Cadmium.JPG Stratégie de Dépistage HAS
Sont concernées par un dépistage d’une surexposition les personnes résidant sur un site dont le sol dans les 30 à 50 premiers centimètres contient [2]:
- 0,5 mg/kg de matière sèche, en particulier pour :
- Les consommateurs de végétaux provenant de jardins individuels ou de la cueillette sur le site ;
- Les personnes rongeant leurs ongles ou mangeant de la terre.
- 1 mg/kg de matière sèche, en particulier pour, outre les cas précédents :
- Les enfants de moins de 7 ans ;
- Les personnes dont la durée cumulée de séjour sur le site est au moins égale à 10 ans ; 5 ans si séjour commencé avant l’âge de 7 ans.
Sont donc principalement concernées les personnes résidant sur des sites ou à proximité immédiate des sols dont la pollution par le cadmium est avérée ou possible ou dont le fond géochimique de cadmium est naturellement élevé [2].
Références :
Mots clés : cadmium ; intoxication ; dépistage [cadmium ; poisoning ; screening]
Qualité de la preuve : grade 3.
Comment dépister?
La concentration urinaire de cadmium, ajustée sur celle de la créatinine, est l’indicateur biologique de référence pour évaluer l’exposition cumulée au cadmium et le risque de survenue d’effets sanitaires [1].
La charge corporelle de cadmium est considérée comme trop élevée lorsque deux dosages urinaires successifs, à quelques semaines d’intervalle, indiquent une concentration supérieure à la valeur de référence (VR) pour l’âge [1] :
- 0,3 µg/g créatinine, avant 21 ans;
- 0,3 µg/g créatinine, entre 21 et 30 ans;
- 0,5 µg/g créatinine, entre 31 et 40 ans;
- 0,8 µg/g créatinine, entre 41 et 50 ans;
- 1 µg/g créatinine, à partir de 51 ans.
Si la concentration urinaire de cadmium dépasse la VR pour l’âge considéré sans atteindre 1 µg/g créatinine, le médecin vérifiera seulement l’absence de carence en fer, en calcium ou en zinc et proposera un suivi adapté au niveau de contamination [1].
Si le taux dépasse la VR de 1µg/g de créatinine il conviendra de rechercher [1]:
- Une atteinte rénale ;
- Une déminéralisation osseuse si la personne a plus de 60 ans ou en cas de ménopause précoce ou si anomalies du bilan rénal ;
- Une carence en fer, calcium ou zinc qui favorise l’absorption du cadmium.
Chez les personnes concernées par un risque de surexposition une surveillance régulière de la concentration urinaire est indiquée :
- Annuellement quand la dernière concentration urinaire reste inférieure à la VR pour l’âge ;
- Semestriellement quand la VR pour l’âge est dépassée.
Depuis le 16 juin 2026 chez les personnes potentiellement surexposées du fait de leur lieu de résidence le dépistage de l’exposition au cadmium est remboursé par l’Assurance Maladie : cadmiurie (dosage urinaire) en première intention et cadmiémie (dosage sanguin) complémentaire en seconde intention si le dosage urinaire est élevé [2].
Références :
Mots clés : cadmium ; intoxication ; dépistage [cadmium ; poisoning ; screening].
Qualité de la preuve : grade 3.
Comment se protéger d’une contamination ?
Les risques de contamination et les recommandations sont fonction de la nature des sols des lieux de résidence.
Pour les personnes séjournant sur un site dont la concentration en cadmium dans les 30-50 premiers centimètres du sol atteint ou dépasse 0,5 mg/kg de matière sèche il est recommandé de limiter la consommation de légumes cultivés dans des jardins individuels ou de végétaux issus de la cueillette locale et de varier l’origine des aliments et les quantités consommées (Avis d'experts)[1].
Si la personne vit ou séjourne avec des enfants de moins de 7 ans, il est recommandé de les protéger, en particulier ceux âgés de 6 mois à 4 ans, de l’ingestion de poussières et de terre en (Avis d'experts)[1]:
- Évitant de les laisser jouer directement sur le sol ;
- Leur coupant les ongles courts ;
- Leur lavant souvent le visage, en même temps que les mains, ainsi que systématiquement avant les repas ;
- Évitant les revêtements textiles (tapis, moquettes) sur les sols des pièces où ils sont le plus souvent ;
- Nettoyant fréquemment les sols des espaces intérieurs, des terrasses, des balcons et les rebords de fenêtres avec un linge humide ; le balayage à sec est à proscrire ;
- Lavant fréquemment leurs vêtements, jouets et doudous.
La prévention des expositions au cadmium repose sur des messages d’éducation sanitaire de l’ensemble de la population sur les sources, les circonstances possibles d’exposition, les risques pour la santé et les mesures et comportements pour s’en prémunir [1].
Référence :
Mots clés : cadmium ; intoxication ; prévention et contrôle [cadmium ; poisoning ; prevention and control].
Qualité de la preuve : grade 3.