Différences entre les versions de « Protoxyde d'azote ou gaz hilarant »
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'''Qualité de la preuve''' : Grade 1 | '''Qualité de la preuve''' : Grade 1 | ||
==Un mésusage important== | |||
'''L’usage détourné du protoxyde d’azote prend de l’ampleur et plusieurs alertes sur ce détournement sont lancées par les autorités sanitaires.''' | |||
Dans un communiqué de presse du 16 avril 2025, l’ANSES rapporte que depuis 2020, les signalements d’intoxications liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote, ou « ''proto'' », augmentent de manière continue [1]. | |||
En 2023, malgré l’interdiction de vente aux mineurs depuis 2021, 472 signalements ont été enregistrés par les centres d’addictovigilance (CEIP-A) et 305 par les centres antipoison (CAP-TV), soit une augmentation respectivement de 30 % et 20 % par rapport à 2022 avec parallèlement l’augmentation du nombre des complications [1]. | |||
On observe une augmentation des cas d’usage répété et prolongé et de dépendance. 92 % font état de doses élevées et pour 50 % une consommation quotidienne [1]. | |||
Des sites Internet domiciliés à l’étranger proposent, via des réseaux structurés, des contenants de volumes importants sous forme de bonbonnes ou de réservoirs permettant de gonfler respectivement jusqu’à 80, voire 1000 à 2000 ballons [2]. | |||
L’enquête EnClass [2] en 2021 a montré que 5,5 % des élèves de 3e avaient consommé du proto, les garçons 2 fois plus que les filles, 7,3 % versus 3,7 %. | |||
Dans l’enquête ESCAPAD [3] auprès de jeunes de 17, 4 ans, en 2022, lors de l’appel pour la préparation à la défense, 2,3 % ont déjà expérimenté le proto avec une progression de 2,3 % depuis 2017, respectivement 2,8 % et 1,8 % pour les garçons et les filles | |||
Chez l’adulte, en 2023, 6,7 % des personnes de 18 à 64 ans déclarent en avoir déjà consommé au cours de leur vie et 0,8 % au cours de l’année précédente lors d’évènements festifs (free party, festivals, boîtes de nuit) [4]. | |||
En 2023 ont été signalés deux nouveaux nés présentant des troubles neurologiques consécutifs à une consommation répétée de protoxyde par la mère pendant la grossesse [1]. | |||
'''La loi a institué depuis 2021 un encadrement strict avec notamment l’interdiction de la vente aux mineurs et des amendes allant de 3 500 € pour la vente ou l’offre d’accessoires facilitant cet usage détourné, jusqu’à 15 000 € pour l’incitation de mineurs à la consommation. Un projet vise à durcir ces sanctions jusqu’à des peines d’emprisonnement [5]'''. | |||
'''Références :''' | |||
[1]. [https://www.drogues.gouv.fr/les-intoxications-au-protoxyde-dazote-continuent-daugmenter MILDECA. Les intoxications au protoxyde d’azote continuent d’augmenter.] | |||
[2]. [https://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/eftxss2bc.pdf Spilka S, Philippon A, Le Nézet O, Janssen É, Brissot A, Eroukmanoff V, Godeau E. Usages d’alcool, de tabac et de cannabis chez les élèves de 3e en 2021. OFDT. Tendances. Décembre 2021.] | |||
[3].[https://www.ofdt.fr/publication/2023/les-drogues-17-ans-analyse-de-l-enquete-escapad-2022-562 Les drogues à 17 ans. Analyse de l’enquête ESCAPAD 2022 OFDT. 2023.] | |||
[4].[https://www.ofdt.fr/publication/2023/substances-psychoactives-usagers-et-marches-tendances-en-2022-1549 Gérome C. Substances psychoactives, usagers et marchés : tendances en 2022. Tendances, OFDT. 2023 ;160.] | |||
[5]. [https://www.info.gouv.fr/actualite/protoxyde-d-azote-quels-dangers-et-que-dit-la-loi info.gouv.fr. Protoxyde d’azote : quels dangers et que dit la loi ?] | |||
'''Mots clés :''' protoxyde d'azote ; épidémiologie [''nitrous oxide ; epidemiology'']. | |||
'''Qualité de la preuve :''' Grade 1 | |||
Version du 19 avril 2026 à 16:46
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Qu’est-ce que le protoxyde d’azote ?
Le protoxyde d’azote (N2O) est un gaz volatil reconnu depuis cent cinquante ans pour ses applications en médecine comme agent analgésique [1,2].
C’est un gaz incolore et inodore, découvert en 1772 par un chimiste anglais Joseph Priestley, utilisé dans le domaine médical pour diminuer la douleur (antalgie) ou atténuer la sensibilité à la douleur (analgésie) [1].
Ses propriétés euphorisantes ont été découvertes vingt-cinq ans plus tard, par un autre chimiste anglais, Humphry Davy, devenant alors une véritable « gazomanie » à la mode dans les foires et salons en Angleterre (le gaz de paradis des poètes anglais) [3] ne touchant la France que secondairement [2].
Son pouvoir anesthésique est faible et, dans le cadre de l'anesthésie générale, il est surtout utilisé en adjuvant à d'autres anesthésiques, permettant une épargne de ces derniers.
Du fait de son mauvais profil de tolérance et de ses effets sur la pollution son utilisation a disparu des blocs opératoires chez l’adulte [4].
Le Meopa, mélange équimolaire 50/50 avec de l'oxygène reste utilisé dans des situations d’urgence chez l’enfant en l’absence de produit de remplacement [4]. Il est strictement réservé à un usage professionnel, en milieu hospitalier, notamment dans les services d'urgence, de pédiatrie ou d'odontologie pour une analgésie de courte durée [5]. Son administration doit être mentionnée dans le dossier du patient [6].
Parallèlement le protoxyde d’azote est utilisé couramment dans le domaine alimentaire, en cartouches en vente libre, notamment pour la confection de crème chantilly ou de boissons gazeuses.
Lorsqu’il est inhalé il possède des propriétés euphorisantes et provoque des rires incontrôlés, d’où son appellation de « gaz hilarant » [1,2].
Références :
Mots clés : protoxyde d'azote [nitrous oxide].
Qualité de la preuve : Grade 1
Un mésusage important
L’usage détourné du protoxyde d’azote prend de l’ampleur et plusieurs alertes sur ce détournement sont lancées par les autorités sanitaires.
Dans un communiqué de presse du 16 avril 2025, l’ANSES rapporte que depuis 2020, les signalements d’intoxications liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote, ou « proto », augmentent de manière continue [1].
En 2023, malgré l’interdiction de vente aux mineurs depuis 2021, 472 signalements ont été enregistrés par les centres d’addictovigilance (CEIP-A) et 305 par les centres antipoison (CAP-TV), soit une augmentation respectivement de 30 % et 20 % par rapport à 2022 avec parallèlement l’augmentation du nombre des complications [1].
On observe une augmentation des cas d’usage répété et prolongé et de dépendance. 92 % font état de doses élevées et pour 50 % une consommation quotidienne [1].
Des sites Internet domiciliés à l’étranger proposent, via des réseaux structurés, des contenants de volumes importants sous forme de bonbonnes ou de réservoirs permettant de gonfler respectivement jusqu’à 80, voire 1000 à 2000 ballons [2].
L’enquête EnClass [2] en 2021 a montré que 5,5 % des élèves de 3e avaient consommé du proto, les garçons 2 fois plus que les filles, 7,3 % versus 3,7 %.
Dans l’enquête ESCAPAD [3] auprès de jeunes de 17, 4 ans, en 2022, lors de l’appel pour la préparation à la défense, 2,3 % ont déjà expérimenté le proto avec une progression de 2,3 % depuis 2017, respectivement 2,8 % et 1,8 % pour les garçons et les filles
Chez l’adulte, en 2023, 6,7 % des personnes de 18 à 64 ans déclarent en avoir déjà consommé au cours de leur vie et 0,8 % au cours de l’année précédente lors d’évènements festifs (free party, festivals, boîtes de nuit) [4].
En 2023 ont été signalés deux nouveaux nés présentant des troubles neurologiques consécutifs à une consommation répétée de protoxyde par la mère pendant la grossesse [1].
La loi a institué depuis 2021 un encadrement strict avec notamment l’interdiction de la vente aux mineurs et des amendes allant de 3 500 € pour la vente ou l’offre d’accessoires facilitant cet usage détourné, jusqu’à 15 000 € pour l’incitation de mineurs à la consommation. Un projet vise à durcir ces sanctions jusqu’à des peines d’emprisonnement [5].
Références :
[1]. MILDECA. Les intoxications au protoxyde d’azote continuent d’augmenter.
[3].Les drogues à 17 ans. Analyse de l’enquête ESCAPAD 2022 OFDT. 2023.
[5]. info.gouv.fr. Protoxyde d’azote : quels dangers et que dit la loi ?
Mots clés : protoxyde d'azote ; épidémiologie [nitrous oxide ; epidemiology].
Qualité de la preuve : Grade 1